« Le roi Obaz
» est le deuxième album du groupe Renza Bô, après
« La danse du sourd » paru également chez petit label
et qui avait suscité quelques élogieuses critiques dans la
presse spécialisée. Ce deuxième album vient confirmer
la cohérence stylistique d’une formation entièrement
dévouée à l’interprétation des compositions
très originales de Pierre Millet, et où plane également
l’esprit de Dave Douglas ou de Kenny Wheeler.
On trouve dans cet album, tout comme dans le premier, de très belles
compositions, excellemment écrites, empreintes d’une sorte
de classicisme moderne, nées dans l’esprit d’un romantique
qui ne perd jamais une occasion de faire le clown (et non le clone) et de
satisfaire son besoin d’autodérision avec la complicité
d’un orchestre au diapason. On trouve dans cette formation la crème
des musiciens de jazz Bas-Normands, et notamment l’excellent et «
Shorterien » Yann Letort, ex-altiste dont la « voix »
au ténor témoigne d’un musicien à la sensibilité
exceptionnelle.
Rare représentant Français d’un courant jazzistique
curieusement délaissé depuis le début de ce siècle,
Renza Bô en défend les vastes terres et mers avec brio, et
la prolifique imagination de son leader nous porte à croire que c’est
pour longtemps. .